Jeux de mains… (peaux)

 

Série des peaux (23 images). La peau, la grande absente, est réapparue, histoire de retrouver un peu de sensualité. Presque simultanément, j’ai fait disparaître les os, remettant en cause l’idée de transparence telle que le milieu médical nous a habitué à la voir. En fait, la transparence est multiple et l’usage que l’on en fait est souvent très restrictif, voire contradictoire. La transparence est donc toute relative et elle n’est finalement qu’un certain taux d’opacité communément convenu et accepté… Ce qui est particulièrement savoureux quand on pense aux fantasmes que la transparence véhicule dans notre société aujourd’hui !
Peau et os vont se superposer puis se dissocier dans des espaces paradoxaux. Le reflet est toujours de la partie, mais il est toujours volontairement trompeur. Ces mains, à la fois plates et modelées en profondeur, confondent transparence et opacité. Elles remettent en jeu nos conventions de lecture de l’image et quelques pages de l’histoire de l’art et de la photographie. Elles ont même intrigué l’Agence de Sécurité Nucléaire qui a reconnu que je n’avais mis personne en danger. Et si aucun logiciel numérique ou matériel médical n’est encore aujourd’hui capable de rendre la peau avec autant de détails, c’est parce qu’une fois de plus, j’ai réalisé mes trucages à l’ancienne (certaines images ayant nécessité jusqu’à 6 mois de préparation).

 
L’usage de la radiographie sur le corps humain à des fins non médicales est interdit, article L1333-11 du code de santé publique, mention ASN