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Je cherche à tracer des chemins de traverses entre les disciplines bien distinctes que je croise dans mes travaux. Pour cela j’utilise les partis pris des matériaux ou des objets dont je démonte les mécanismes : je veux parler ici des représentations (des images, des mots, des usages) qu’on s’improvise au quotidien et que notre vécu, notre affect ou même notre corps nous imposent comme un filtre. Ces images, ces langages masquent bien souvent l’être humain dont elles ne cessent pourtant de parler, car elles font écrans et s’interposent entre chacun de nous et une réalité qui bien souvent nous dépasse…

L’envers complice de la médaille, c’est que ces petites négociations éphémères sont aussi difficiles à saisir qu’un glaçon : ça vous brûle les mains en vous fondant entre les doigts. Car tout cela est crypté dans le grand cirque du quotidien, coincé entre vessies et lanternes, support et projection et même écrasé par le poids de l’engagement ou perdu à l’horizon de la distance de chacun.

Bref, je ne pose jamais les questions en fonction de l’air du temps, mais toujours entre un “je” et un “nous”, pour voir comment elles reflètent (et troublent) ce qui me rassemble et ce qui me différencie des autres. C’est pour moi une façon de remettre en jeu le feu qui nous anime… histoire de trouver une autre distance avec ce qui motive ces vues de l’esprit.