dirapa (texte)

 

Au départ de ce travail, il y a le souvenir de l’insecte sur le dos, prisonnier de sa carapace sous l’empire de la gravité, s’échinant à se retourner pour reprendre son chemin, semblant agiter ses pattes d’affolement. La figure de l’insecte, c’est l’image d’une peur primaire, celle du grouillement, de l’emprise inquiétante d’un monde invisible, infiniment petit, qui prend des proportions démesurées lorsqu’il se découvre.
À une autre échelle, cette sculpture installée produit un retournement de situation, comme si cette machine posait la question de notre résignation à un environnement, à un contexte. Il ne s’agit donc pas d’une machine infernale et bruyante, mais plutôt de petits glissements quotidiens qui prennent fatalement un certain goût…
Le terme de “sculpture installée” n’est pas innocent. C’est un peu comme si cette sculpture était descendue de son socle, pour essayer de retomber sur ses pieds. Mais à force de tourner à reculons autour de lui et d’arpenter ce périmètre circulaire, on ne sait plus si elle cherche à se retourner ou à défendre ce territoire. Comme si cette révolution se faisait sur le tempo d’une ronde étrange. Aussi, le projet d’adapter cette sculpture pour un duo dansé avec Valérie Lamielle m’a semblé être la suite logique de cette proposition.